30/10/2008

PASSAGE SYMBOLIQUE

Alicia en el país de Esteban Larraín-Chili

ALICIA EN EL PAÍS 2008 - 35 mm - Color - 86' de  Esteban Larraín - Chili

 Alicia en el país suit le parcours d’une fillette de treize ans, issue la tribu Quechua, dans son périple consistant à traverser à pied plus de 180 kilomètres. De son village du Sud de la Bolivie, Alicia part à la recherche d’un travail au Nord du Chili, dans la ville touristique de San Pedro de Atacama. La caméra d’Esteban Larraín la suit tout au long de ce voyage éprouvant physiquement et moralement. Les gros plans, tournés par une caméra à l’épaule, avec comme seul son la respiration de la fillette ou le bruit sourd et répétitif de ses pas, les longs travellings latéraux, où les lignes horizontales que tracent les plaines interagissent et s’entremêlent avec la géométrie de la silhouette d’Alicia ou encore, le travelling en plan moyen suivant la jeune fille de dos, soulignent l’effort que nécessite un tel trajet. En complète symbiose avec la nature, Alicia marche sans presque s’arrêter à travers des paysages envoûtants, riches en couleurs et en contrastes. Des verts, bruns, roses et jaunes des régions montagneuses, elle poursuit son chemin à travers un désert de sel bichromatique, bleu et blanc. La chaleur extrême des plaines se métamorphose, quelques jours plus tard, en froid glacial des sommets enneigés. Véritables catalyseurs psychologiques, les paysages de la Bolivie éveillent, sous forme de flash-back, des souvenirs chez la jeune Quechua — des scènes sur des bancs d’école, des épisodes de sa vie familiale ou des séquences de fêtes traditionnelles — montrant que ce voyage, au-delà de sa fonction économique, est une importante initiation spirituelle propre à la culture inca, un passage symbolique et obligatoire à l’âge adulte. Ce dernier long métrage du réalisateur chilien invite le spectateur à découvrir un monde aride et fascinant, peu connu de la société occidentale.

 

Alicia en el país de Esteban larraín-Chili

Propos du réalisateur
L’histoire d’Alicia m’a fascinée par son degré de spiritualité; cette longue marche qui paraît choquante d’un point de vue occidental est profondément liée à la tradition Quechua, principal groupe ethnique de l’empire inca. Les longues marches des Quechua des hauts plateaux jusqu’aux oasis des pré-montagnes ont une raison politique et rituelle: pour les enfants, elles constituent un examen de passage à l’âge adulte. 500 ans plus tard, les relations inégales entre le Chili et la Bolivie, le pays riche et le pays pauvre de l’Amérique Latine, redéfinissent cette marche comme un problème socio-économique lié aux phénomènes migratoires des pays du Tiers monde, ce qui ne change rien à l’aspect cérémonial inscrit dans la culture Quechua. […] La photographie (qui fait des paysages de la Bolivie un univers magique), la musique, le rythme et le ton du montage font partie de la cérémonie à travers laquelle j’approche mon pays, ainsi que la culture Quechua que nous, Boliviens et Chiliens, continuons à partager, malgré les frontières actuelles.

Cinemagora

11:50 Écrit par Cinemagora dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : chili, cinema, photos, alicia en el pais, esteban larrain |  Facebook |

Commentaires

en tous cas... le simages sont belles!
je te souhaite une belle semaine! je me fais rare sur les blogs je sais mais le temps....
bisous!

Écrit par : mimi | 02/11/2008

A Mimi merci pour ta visite..moi aussi j'ai peu de temps...j'essaie de montrer ce que j'aime...Bonne Journée.Ciao;-))

Écrit par : cinemagora | 03/11/2008

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