21/11/2009

RÉFLEXIONS CRITIQUES

Penelope Cruz dans le film de Pedro Almodovar: Etreintes brisées

Etreintes brisées, de Pedro Almodovar

«C'est une déclaration personnelle, ma déclaration d'amour au cinéma», voilà en exergue la volonté affichée de Pedro Almodóvar pour ces Étreintes brisées, un grand mélo sur fond de polar, hommage presque évident au cinéma de Douglas Sirk, Roberto Rossellini et Alfred Hitchcock. Une histoire d'amour tragique entre un réalisateur (Lluís Homar) et une actrice débutante, Lena (Penélope Cruz), maîtresse d'un riche homme d'affaires.

Possession, amours contrariées, love story désespérée, personnages bigarrés : l'essence même du cinéma d'Almodóvar est là, même si la grande beauté formelle a pris le pas, cette fois, sur la foison visuelle et les histoires délirantes. «Il y a dans ce film plusieurs histoires d'amour croisées, mais aussi une histoire d'amour sous-jacente, mon histoire d'amour avec le cinéma», expliquait encore Almodóvar lorsqu'il présentait son film, en mars, en Espagne.

Le personnage principal en est un metteur en scène, Mateo Blanco (Lluis Homar). Quand on le rencontre, il a changé de nom et de métier. Devenu aveugle, Mateo Blanco s'est fait scénariste sous le pseudonyme d'Harry Caine.

Construit en allers-retours entre le présent et un passé vieux de vingt ans, Etreintes brisées révèle peu à peu les circonstances dans lesquelles le cinéaste est devenu aveugle. Dans les années 1980, il a accepté le financement d'un riche homme d'affaires qui a imposé sa maîtresse dans le rôle principal. Cette femme s'appelle Lena (Penélope Cruz), elle est d'une grande beauté et, au fil du tournage, se révèle une bonne actrice. Le metteur en scène en tombe amoureux, au risque de mettre en danger son film.

Mais, comme le dit l'un des personnages d'Etreintes brisées, "la pelicula manda", c'est le film qui commande, et le péché de Mateo n'est pas tant d'avoir séduit la femme d'un autre que d'avoir préféré la vie à son film. Le destin l'en punit de manière exemplaire, puisqu'il perd un sens indispensable à son art. Il ne peut plus faire de cinéma que d'une manière forcément incomplète, en écrivant des films qu'il ne verra jamais.


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08:52 Écrit par Cinemagora dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : photo, cinema, espagne, pedro almodovar |  Facebook |

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